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Les zapatistes ne doutent de rien

Avec la crise du peso, le Mexique a cessé d'être le bon élève du FMI. Y compris au sein du pouvoir, les critiques fusent de toutes parts contre les politiques néo-libérales. Le gouvernement a beau annoncer que la crise est finie, personne n'y croit, et aucune force sociale n'est disposée à accepter une nouvelle décennie de sacrifices.

Dans cette situation, les zapatistes ont fait le pari fou qu'il était possible de sortir le débat économique des sphères technocratiques et politiciennes.

Le succès de la consultation nationale lancée par l'EZLN se mesure au fait que le gouvernement a, pour la première fois, invité les zapatistes à la « table des grands », en leur proposant de participer au dialogue national avec les principaux partis politiques. Marcos a esquivé l'invite en proposant d'ouvrir un dialogue national des forces d'opposition sans le gouvernement.

Pour préparer ce débat, il appelle à la constitution de Comités civils de dialogue, chargés de discuter, conformément aux résultats de la consultation, du projet de reconstruction nationale autour des revendications de l'EZLN, de la formation d'un Front national d'opposition, de la construction de nouveaux rapports entre les citoyens et l'Etat et de la création d'une nouvelle force politique indépendante, à partir de l'EZLN.

Au niveau international, il appelle à une réunion intercontinentale de toutes les forces opposées au néo-libéralisme. L'Alliance civique, de son côté, a annoncé le lancement d'un référendum sur les politiques néo-libérales, en concertation avec les organisations sociales, les syndicats ainsi que le patronat.

Ces propositions reviennent à opposer au chaos engendré par la dictature des marchés financiers une tentative de réinvention de la politique fondée sur une dynamique issue des paroles et des actes de ceux « d'en bas ».

Ce discours repose sur le double postulat que les gens de la base ont le droit et la capacité de s'emparer de ces questions et qu'il n'est pas besoin d'attendre que les pouvoirs octroient des espaces de liberté et d'action pour les créer.

Aujourd'hui, ce discours est viable, et peut avoir un impact réel parce que la société mexicaine est confrontée à une crise dont personne n'entrevoit la fin et parce qu'existent les forces sociales susceptibles de le relayer.

Le pari fou des zapatistes est un enjeu non seulement pour la gauche mexicaine, mais pour toutes les gauches qui sont à la recherche de leur reconstruction de par le monde, et pas seulement dans les Amériques...

Le Comité de rédaction de « Volcans »


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