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Évangélistes et politique en Bolivie

Par Gilles Rivière

A la différence des pays proches (Chili, Argentine et Brésil) où il est fortement implanté sous de nombreuses dénominations depuis la première moitié du XIXe siècle, le protestantisme ne s'est développé que tardivement en Bolivie.

Rares furent en Bolivie les immigrants européens ou nord-américains qui auraient pu fonder durablement des Eglises « de transplantation » ou « de résidents ». Ce retard est, en outre, dû à la position hégémonique de l'Eglise catholique qui pendant tout le XIXe siècle défendit son monopole et ses privilèges dans la gestion du religieux institutionnalisé. Elle s'opposa, parfois avec violence, au prosélytisme des rares colporteurs et missionnaires protestants qui, dès les premières années de l'Indépendance, envoyés par diverses sociétés missionnaires, sillonnaient le pays, comptant sur l'application prochaine des principes défendus par Bolivar et Santa Cruz (liberté de pensée, tolérance religieuse, etc.). Enfin, la structure même de la société bolivienne, à majorité indienne, relativement stable et fermée, rendait alors difficile la pénétration de nouvelles religions.

L'implantation protestante, essentiellement de type missionnaire, ne commence qu'à la fin du XIXe siècle, à une époque charnière qui marque profondément l'histoire du pays. Au lendemain de la désastreuse guerre du Pacifique (1879-1880), le facteur religieux est un des éléments à l'origine de l'affrontement entre deux secteurs de la bourgeoisie : les conservateurs, qui s'affirment catholiques, et les libéraux, qui se déclarent souvent athées ou agnostiques.

L'« ouverture » libérale

Profondément influencés par le positivisme, les libéraux (au pouvoir de 1899 à 1920) défendent un projet de société où les concepts de « civilisation », de « progrès » et de « laïcité » font référence à un monde essentiellement occidental (et anti-indien). Le protestantisme est perçu comme un agent possible de changements et de progrès, sans doute plus parce qu'il peut contribuer à la mise en oeuvre de programmes sociaux et politiques et briser le monopole de l'Eglise catholique que pour des raisons essentiellement religieuses. La liberté de culte, nécessaire à son implantation, est alors au coeur des débats au Congrès. Bien qu'encore illégaux, les groupes protestants présents dans le pays (frères libres, baptistes, méthodistes) sont fréquemment écoutés par des politiciens influents. Les Etats-Unis exercent, pour leur part, des pressions sur le gouvernement bolivien pour que soit reconnue la liberté de culte, soucieux de protéger les missionnaires nord-américains mais aussi les éventuels immigrants attendus par les libéraux. Il faudra cependant attendre le gouvernement de Montes pour que soit promulguée la loi qui allait permettre le libre exercice des dénominations non catholiques. Poursuivant un vieux projet libéral dessiné au début du XIXe siècle, la « civilisation » de l'Indien, accusé de tares multiples, est un thème redondant dans les discours de l'époque. Rétrograde et pauvre, il faut le civiliser, l'intégrer à la nation et le libérer de l'influence néfaste de l'Eglise catholique. Ces tâches sont, en grande partie, dévolues aux nouvelles Eglises.

C'est dans ce contexte qu'au cours des deux premières décennies de ce siècle, cinq groupes non catholiques prennent racine dans le pays et se livrent à une compétition intense dans le prosélytisme et dans la réalisation d'oeuvres sociales. Il s'agit des Brethren Assemblies ou frères libres venus de Grande-Bretagne, des baptistes canadiens qui ouvrent une école à Oruro, les méthodistes nord-américains qui fondent les instituts américains de la Paz et de Cochabamba, lesquels recevront des subventions du gouvernement jusqu'en 1915, la Bolivian Indian Mission, surtout implantée dans les zones rurales, et les adventistes du Septième Jour qui ouvrent de nombreuses écoles et dispensaires et dont le développement dans les campagnes est alors le plus important.

En 1916, le Congrès de Panama marque le début d'une évangélisation systématique du continent. Les différentes dénominations se partagent alors les pays et les régions. En Bolivie, une première conférence évangéliste définit les premiers éléments d'une politique missionnaire, attribuant notamment aux méthodistes et aux baptistes des secteurs déterminés du territoire national.

Entre 1920 et le début des années cinquante, une vingtaine de dénominations s'implantent dans le pays. Ces groupes ne sont généralement formés que d'un personnel réduit et leur développement reste limité.

Malgré la législation en vigueur, le débat entre opposants et défenseurs des nouvelles religions n'a en fait jamais cessé. Arguant de l'intelligence limitée de l'Indien et de sa faible capacité à réfléchir et à différencier le bien du mal, les politiciens conservateurs continuent à défendre le principe d'une Eglise catholique unique et à s'opposer à l'implantation d'autres dénominations accusées de semer la discorde et d'agiter la population.

Révolution nationale et nouvelle donne

Ce n'est qu'à partir des années cinquante que sont réunies certaines conditions permettant le développement de nouveaux groupes religieux dans l'ensemble du pays. Ainsi, plus de 85 % des dénominations recensées en 1994 avaient été fondées après 1950. Pour que cette expansion fût possible, des transformations préalables de la société bolivienne étaient nécessaires. Elles trouvent leurs origines dans un vaste mouvement social qui se dessine au lendemain de la crise mondiale de 1929 et de la guerre du Chaco (avec le Paraguay, 1932-1935) et aboutit à la Révolution nationale de 1952 et à la prise du pouvoir par le Mouvement nationaliste révolutionnaire. Sous la pression des forces populaires, le MNR dut prendre des mesures radicales (réforme agraire, nationalisation des grandes mines d'étain, suffrage universel, démocratisation du système éducatif, etc.).

Première urbanisation

Ces mesures favorisent le déplacement d'une importante population paysanne et indienne vers les villes et les nouveaux pôles de développement ouverts dans les basses terres tropicales. Plusieurs facteurs limitent toutefois la portée de la Révolution nationale. Le MNR ne put s'affranchir de la tutelle des Etats-Unis qui en pleine « guerre froide » voyaient d'un mauvais oeil se développer une dynamique qui aurait pu ouvrir la voie au communisme.

Pour contrecarrer cette évolution et assurer une paix sociale dans un pays économiquement exangue, les Etats-Unis drainent vers la Bolivie une aide économique considérable. Des contreparties sont en même temps exigées du gouvernement bolivien, qui réduisent les bénéfices acquis par les secteurs populaires et renforcent la dépendance matérielle et idéologique du pays (plan de stabilisation économique, contrôle croissant sur les partis de gauche et les syndicats, investissements privés nord-américains renforcés, création d'une nouvelle armée moderne).

Au lendemain de la Révolution nationale, certaines associations et dénominations religieuses ont un rôle non négligeable dans la consolidation de la politique du MNR, intermédiaires zélés de la distribution de l'aide étrangère et dans la guerre idéologique contre des secteurs jugés subversifs. En accord plus ou moins direct avec les gouvernements successifs, ces groupes assument des programmes sociaux dans différents secteurs. Leur reconnaissance officielle passe par des accords signés avec les ministères concernés, intéressés par les importantes sommes canalisées, par le personnel technique mis à leur disposition et par la fonction sociale et politique de cette coopération qui allait de pair avec un intense prosélytisme missionnaire.

L'intégration de l'Indien à la nation bolivienne constitue un des thèmes majeurs présentés par les dénominations pour obtenir une reconnaissance officielle. C'est notamment le cas de l'Institut linguistique d'été (ILV) qui, en 1957, signe un accord avec le ministère de l'Agriculture et des Affaires paysannes. Vingt-cinq ans plus tard, lorsqu'il sera sur le point d'abandonner le pays, le général-dictateur Garcia Meza lui remettra le grand ordre bolivien de l'Education. Lors d'un hommage officiel, l'ILV est ainsi salué par le secrétaire de la Société archéologique de Bolivie : « Cet institut a offert ses services pour mieux servir notre pays, arrachant à la barbarie les groupes ethniques dispersés dans notre pays. »

Les mêmes arguments, dont les conséquences sont ethnocidaires, sont présentés par de nombreux groupes nouvellement arrivés ou implantés depuis plus longtemps dans le pays.

Evangélisation et éducation

La Mission Nuevas Tribus prône l'évangélisation et l'éducation des groupes indigènes. L'accord signé avec le ministère de l'Education préconise l'apprentissage de la langue espagnole comme langue native des groupes indigènes afin de les intégrer à la civilisation grâce à des campagnes d'alphabétisation et d'évangélisation. La Bolivian Indian Mission a pour objectif l'ouverture d'écoles pour les indigènes et l'évangélisation des autochtones. Dans l'accord signé en 1975 avec le ministère de l'Education et de la Culture, la Mission évangélique suisse a des objectifs qui vont dans le même sens (castillaniser, alphabétiser et incorporer à la vie nationale les groupes marginaux). La Mission évangélique baptiste Rincon del Tigre, dirigée par des pasteurs brésiliens, se propose d'intégrer à la culture nationale les membres de la tribu Ayoreo, tandis que The Evangelical Union of South America se charge de plusieurs programmes parmi les Ayoreo, créant des groupes de boy-scouts évangélistes.

En 1965, la Latin American Mission (LAM), dont le siège est au Costa Rica, pays qui est un pont important pour l'évangélisation protestante de l'Amérique du Sud, organise une grande campagne d'évangélisation sous la houlette de missionnaires nord-américains qui appliquent en Bolivie des techniques et une stratégie éprouvées à la même époque dans d'autres pays du continent.

L'intense coopération entre les dénominations, la mobilisation générale des convertis, les nombreuses et spectaculaires manifestations publiques et le recours à divers moyens de communication furent autant d'éléments à l'origine du succès de la campagne et d'une dynamique qui renforça l'identité protestante. Elle familiarisa également la population urbaine et rurale avec la présence d'une nouvelle hiérarchie religieuse nationale et étrangère, vecteurs d'une idéologie profondément conservatrice.

Dictature et fondamentalisme

A ce sujet, il est significatif que, dans la plupart des pays, la LAM ait organisé ses campagnes à des moments de grande effervescence sociale. En Bolivie, elle eut lieu lors de graves affrontements qui opposaient le gouvernement du général Barrientos à différents secteurs. Dans la foulée de la campagne est créée la section bolivienne d'Alfalit (1965), avec des éducateurs volontaires appartenant à divers groupes évangélistes et des conscrits de l'armée.

Bien que le général Banzer (président de 1971 à 1976) ait toujours affirmé la normalité des relations avec les Eglises, il est évident qu'elles ne furent pas neutres. Au gré de ses intérêts, son gouvernement a favorisé certains groupes ou secteurs religieux tandis que d'autres furent durement persécutés.

Banzer présenta d'emblée son sanglant coup d'Etat comme une croisade pour préserver les valeurs occidentales et chrétiennes menacées par le marxisme athée. Dans une perspective messianique, une époque s'achevait, une autre commençait, qui devait être construite sur des valeurs différentes de celles attribuées au régime gauchisant du général Torres, renversé en août 1971. Le coup d'Etat part de Santa Cruz où il coïncide avec les journées eucharistiques et avec une croisade anticommuniste menée par un pasteur guatémaltèque. La vierge de Cotoca, grand sanctuaire de la région, est amenée dans la cathédrale de Santa Cruz et servira de caution divine aux militaires factieux. Le 17 septembre, une grande marche de la foi est organisée dans la ville et, par la suite, le nouveau régime ne cessera de se présenter comme le garant des valeurs chrétiennes.

En novembre 1971, est créé le sous-secrétariat du Culte afin de fortifier les relations du gouvernement avec l'Église, à un moment où le pays s'est engagé sur les chemins de la démocratie et où est réaffirmé le respect de l'Etat pour le culte, selon le chancelier Gutierrez, chef de la Phalange socialiste bolivienne, parti d'extrême droite qui, avec le MNR, est un des protagonistes du coup d'Etat.

Au même moment pourtant, les secteurs progressistes de l'Eglise catholique (mais aussi d'autres dénominations, comme les méthodistes), qui ont d'emblée marqué leur distance avec le régime et critiqué la répression qui s'abat sur le pays, sont persécutés et déportés. La hiérarchie catholique maintiendra une attitude réservée, quelquefois ambiguë, envers un régime qui essaiera constamment d'obtenir son soutien et en même temps sa légitimation.

L'appui donné par le gouvernement au prédicateur fondamentaliste Julio Cesar Ruibal est à ce propos exemplaire.

Le gouvernement de Banzer s'est appuyé, rarement publiquement, sur les dénominations fondamentalistes non catholiques. La coïncidence idéologique entre le régime militaire et des groupes presque toujours conservateurs explique sans doute les avantages qui leur furent alors octroyés et le développement des religions de salut à cette époque.

La politique religieuse officielle prend une autre tournure pendant le gouvernement de centre-gauche du président Siles Zuazo qui à la tête de l'Union démocratique et populaire (UDP) dirige le pays d'octobre 1982 à juillet 1985. Cette période se conclut en effet avec une résolution qui annule tous les accords signés jusqu'alors avec les groupes non catholiques et leur donne un délai d'une année pour actualiser leurs documents et obtenir une nouvelle autorisation officielle. Plusieurs hypothèses peuvent être avancées pour expliquer l'origine de cette décision : une volonté de la part d'un régime progressiste de contrôler des groupes peu favorables à sa politique ; une réaction favorable aux demandes de la hiérarchie catholique qui commence à prendre conscience de la concurrence exercée sur son propre terrain, etc.

Quelques restrictions

Quoi qu'il en soit, deux éléments doivent être signalés. On remarque tout d'abord que pendant les trois années de l'UDP le nombre de personnalités juridiques octroyées est faible alors que les demandes sont importantes, ce qui semble démontrer une volonté officielle de limiter le développement des dénominations non catholiques. Pendant toute cette période les dénominations fondamentalistes ne restent pas inactives. Elles organisent presque mensuellement des campagnes et croisades dans les lieux publics, les stades et les cinémas où il s'agit chaque fois de critiquer le gouvernement et les éléments marxisants qui le composent.

Ces campagnes acquièrent une valeur de croisades contre un pouvoir athée, accusé de tous les maux. Elles sont organisées par des multinationales religieuses fondamentalistes venues des Etats-Unis (mais aussi de Corée du Sud, de Porto Rico, de Colombie et d'Argentine)

En 1985, le régime change : le président Paz Estensoro et son gouvernement mettront en oeuvre une politique néo-libérale imposée par le FMI et la Banque mondiale, très dure pour les secteurs populaires.

Au début de 1987, une nouvelle liste de dénominations officielles et illégales est publiée. Elle est à l'origine de vives polémiques dont la presse se fait l'écho. L'origine et les formes d'application du décret, l'exclusion de petits groupes religieux populaires non informés du décret ou dans l'impossibilité de présenter les informations exigées et les réactions qu'il suscite parmi les groupes menacés en relativisent la portée. La puissante Association des évangéliques boliviens (ANDEB) lance alors une campagne en faveur de la tolérance et du respect des groupes non catholiques.

Au cours des dernières années la participation croissante des groupes fondamentalistes sur la scène politique et sociale bolivienne est tout à fait nouvelle par les formes qu'elle a prises, d'autant plus qu'elle est ouvertement acceptée par les autorités gouvernementales. Elle reflète assez bien les transformations que connaît le pays depuis une dizaine d'années.

Un petit déjeuner stratégique

En janvier 1990, quelques mois seulement après son élection (août 1989), le président de la République, Jaime Paz Zamora, accepte de participer à un petit déjeuner « de prières » organisé dans un grand hôtel de La Paz par l'ANDEB. Y assistent plus de 500 pasteurs et responsables évangélistes (mais aussi des représentants de divers partis politiques de l'opposition). L'ANDEB réunit une cinquantaine d'Eglises, sectes et dénominations parmi les plus conservatrices, fermement opposées à la plupart des Eglises protestantes les plus ouvertes (méthodiste, baptiste, luthérienne, etc.) qui, à des degrés divers, ne refusent pas de critiquer les gouvernements en place, de facto ou démocratiquement élus, ou de délivrer des messages à propos de la justice sociale.

Cette rencontre, favorisée par la présence, récente, de fondamentalistes dans les plus hautes sphères de l'Etat, illustre certaines dynamiques sociales et politiques nouvelles : l'émergence de nouveaux acteurs sociaux issus des classes moyennes ascendantes urbaines (professions libérales, secteurs liés au commerce, à la petite industrie, au monde des affaires, etc.). Les fidèles sont majoritairement des personnes d'âge moyen, fils ou filles de convertis ou convertis eux-mêmes. Au début de leur implantation, ces groupes religieux fondamentalistes voyaient dans le monde un « royaume du mal » duquel il fallait obligatoirement s'éloigner.

Aujourd'hui, ils sont mieux implantés et institutionnalisés, comptant beaucoup de fidèles de la deuxième ou troisième génération. Ceux-ci ont développé une éthique qui valorise « ce monde » où ils doivent d'ailleurs « témoigner » de leur succès. Ces groupes privilégient désormais la stabilité et le prosélytisme plutôt que les conflits avec la société civile. Elle rompt avec la tradition selon laquelle l'Eglise catholique serait le seul interlocuteur du gouvernement dans les affaires religieuses. Lors de cette réunion est d'ailleurs remis au gouvernement un projet demandant la séparation de l'Eglise et de l'Etat.

L'ANDEB dénonce les prérogatives de l'Eglise catholique, sa main mise sur certains services (l'éducation notamment) et, plus discrètement, les engagements politiques et sociaux qu'elle défend, dans sa majorité, depuis quelques années. Les membres de l'ANDEB défendent un message et une idéologie qui ne contredisent pas la politique libérale mise en place avec le gouvernement précédent et poursuivi par celui de Paz Zamora : respect de l'initiative individuelle, défense de la libre entreprise, privatisations et réduction du secteur public, affaiblissement des partis de gauche et des syndicats, critiques des courants s'inspirant de la théologie de la libération, etc.

Recherche de reconnaissance

Ce besoin de reconnaissance officielle coïncide également avec le souci du gouvernement d'élargir sa base sociale, politique et idéologique. Le discours prononcé à cette occasion par le président est à ce propos significatif. S'appuyant sur des extraits de la Bible, il recommande, par exemple, de contribuer à la stabilisation de l'économie et d'éviter les conflits sociaux, la parole de Dieu permettant « de construire en Bolivie un espace fait de concertation et de compréhension ». C'est d'ailleurs un trait important du discours officiel actuel que de considérer la nation comme une collectivité sans contradictions.

Une nouvelle étape de cette émergence fondamentaliste est franchie en 1991 avec l'acquisition d'un vaste théâtre, le lancement d'une radio puis, en 1992, d'une puissante chaîne de télévision entièrement contrôlée par plusieurs groupes appartenant à l'ANDEB et financées par des dénominations nord-américaines. Y sont retransmis des programmes présentés par des télé-évangélistes américains ou des leaders nationaux comme Ruibal. Leur contenu est fortement marqué par la « majorité morale » nord-américaine.

En 1992, enfin, est formé un parti politique, l'Alliance rénovatrice bolivienne (ARBOL), qui participe aux élections générales de 1993. Il espére obtenir les voix des évangélistes du pays sensibilisés par les pasteurs et les moyens de communication appartenant aux Églises.

En fait il n'obtient que 1,87 %. Les résultats furent certes inférieurs à ceux attendus mais le député d'ARBOL peut servir de force d'appoint lors de l'élection du président ou de crises parlementaires.

Le jeu des alliances peut révéler ou confirmer les options idéologiques d'un parti « inspiré par Dieu », mais il est difficile de son avenir organisation dans la mesure où son discours s'adresse à une identité particulière et non à la population en général. Il sera intéressant de suivre l'histoire de ce nouveau parti qui participait pour la première fois aux élections et dont le message est assez semblable à celui d'autres partis évangélistes apparus sur la scène politique, au Pérou et au Guatemala notamment.

Cette étude devrait permettre de mieux comprendre les luttes d'influence entre divers systèmes religieux et les stratégies engagées par certains secteurs économiques et politiques du pays, étroitement liés aux courants néolibéraux, ainsi que les réponses apportées par les différents secteurs de la populati


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