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Le
Comité d'organisation de 2002citoyensnumeriques.net appelle à
voter Chirac -
Il n'est pas de société de l'information sans démocratie, ni de démocratie sans citoyens actifs. A ceux qui ont des réticences, nous demandons qu'ils ne se trompent pas d'élection. On ne peut pas renvoyer Chirac et Le Pen dos à dos. En dépit de tous les reproches et des critiques que l'on peut porter et formuler au candidat de la droite parlementaire, il reste le seul démocrate en lice au second tour, et par voie de conséquence notre unique candidat. Chirac demeure notre adversaire, mais Le Pen est notre ennemi. Jusqu' à l'issue du second tour, toutes les attaques contre Chirac affaiblissent le camp des démocrates et doivent donc cesser. Car le résultat du 5 mai n'est pas plus certain que ne pouvait l'être celui de dimanche dernier. Nous n'avons pas su prévoir l'imprévisible au premier tour, ne commettons pas une seconde fois la même erreur qui serait cette fois-ci, fatale. Les sondages du 24 avril créditent d'ores et déjà Le Pen de plus de 35 % voix. Plus le score de Chirac sera élevé, moins cette victoire lui appartiendra, plus elle apparaîtra comme celle de tous les démocrates. C'est un raz de marée démocratique qu'il nous faut préparer et provoquer le 5 mai prochain, pour balayer le Front National et refonder notre République. Le Front National a confisqué le débat démocratique que nous espérions avoir au second tour. L'élection présidentielle devient un référendum, prenons en acte, simplement. Il reviendra ensuite aux législatives d'être le théâtre de ce débat et rendez-vous démocratiques brutalement interrompus. Et nous avons toutes les chances d'y voir triompher nos idées.
votons contre Le Pen,
retour en haut de page __________________________________________ - Brevetabilité des logiciels, un enjeu politique -
Il n'est donc pas étonnant que les acteurs dominants du monde du logiciel, ceux qui ont acquis àl'occasion de la révolution technique des années 1990 des positions quasi-monopolistiques cherchent par tous les moyens à verrouiller leur domination en exigeant de l'Europe d'accepter de délivrer des brevets portant sur les inventions logicielles. Il est plus surprenant, en revanche, que seules de rares voix s'élèvent contre cette marchandisation du savoir, contre cette "privatisation" de pièces essentielles de la vie sociale et culturelle. En effet, contrairement à ce que prétendent leurs promoteurs, les brevets logiciels ne sont porteurs d'aucune conséquence positive pour la société. Economiquement, en premier lieu, les études disponibles conduisent à douter de leur efficacité. Le brevet est un privilège de monopole sur l'usage d'une solution technique à un problhme, privilège que l'on peut accorder pour encourager l'innovation. Comme tout privilège, son octroi ne saurait être fondé que sur l'utilité commune, qui pour le logiciel reste à démontrer en raison de ses caractéristiques économiques très spécifiques : dans les pays qui ont accepté les brevets logiciels, ces derniers sont surtout, plus que dans d'autres secteurs, des armes juridiques aux mains des grandes entreprises, qui en usent pour bloquer toute innovation ou concurrence gênante, notamment en provenance des PME. Culturellement, le brevet introduit l'échange marchand dans l'expression et la criation. Il soumet au bon vouloir du diffuseur toute communication entre les créiateurs et le public, menace l'indépendance et la diversité culturelle... voire la liberté d'expression. Sociétalement, le brevet logiciel interdit la création bénévole de ce bien public, de cette source d'égalité que sont les logiciels libres. Accepter le brevet logiciel, c'est imposer à tous des logiciels totalement opaques, pouvant porter atteinte à la vie privée comme à la sécurité des entreprises et de l'Etat. C'est aussi se résoudre à la privatisation rampante des outils de l'éducation et des méthodes éiducatives. Internationalement, accepter les brevets logiciels revient ` renforcer le pouvoir de ceux qui sont dij` les plus puissants iconomiquement. C'est interdire aux pays en diveloppement d'acquirir une mantrise locale des TIC, et les contraindre ` payer en devises fortes une ressource essentielle pour leur croissance. Politiquement, enfin et surtout, le brevet logiciel, c'est le contrôle complet, par des acteurs privés, des infrastructures techniques de toutes les facettes de la vie en société. Car, dans la société de l'information, la réigulation par la technique fait concurrence à la régulation déimocratique de la loi. Les choix techniques sont des choix de société : c'est le renoncement des politiques à comprendre et à agir qui nourrit les espoirs des intérêts privés de monopoliser ces choix. Bien sûr, il est essentiel de protéger les investissements des entreprises pour leur permettre de les rentabiliser. Et, pour le logiciel, le droit d'auteur remplit fort bien ce rôle depuis près de 30 ans. La liberté d'usage des techniques, le caractère public des standards et l'interopérabilité des architectures ouvertes ont donné lieu à un foisonnement créiatif et à une explosion économique sans précédent. Faut-il changer une équipe qui gagne ? Pour
toutes ces raisons, il est urgent de s'opposer à l'extension
du domaine du brevet aux logiciels. Parce qu'il s'y est engagé
dans son projet, parce que le gouvernement qu'il dirige s'est opposé
publiquement à la brevetabilité des logiciels en Europe,
parce que l'administration française a entrepris sous sa conduite,
depuis cinq ans, de réagir contre la monopolisation du marché
du logiciel par ses acteurs dominants, Lionel Jospin est le candidat
le plus apte à mener ce combat. Texte
de Thierry CARCENAC, député, président du
Conseil général du Tarn et de Bernard LANG, directeur
de recherche à l'INRIA retour en haut de page __________________________________________
Un
aménagement numérique harmonieux du territoire : tel est
donc le premier défi auquel se trouve confronté tant l'État
que les collectivités. Le
Comité interministériel pour l'aménagement et le
développement durable du territoire de Limoges du 9 juillet 2001
a ainsi été l'occasion pour le Gouvernement de rappeler
sa volonté de faire bénéficier l'ensemble du territoire
en haut débit et en téléphonie mobile. Cependant,
la mise en place de ces actions très concrètes ne serait
rien si elles ne sont pas efficacement relayées par tous les
acteurs locaux. La société de l'information constitue d'abord et avant tout un enjeu de société et se trouve ainsi être l'affaire de tous. C'est particulièrement le cas en matière d'aménagement numérique du territoire où à la fois l'État et tous les acteurs locaux doivent agir de concert comme cela a déjà été réalisé notamment lors de la récente élaboration du schéma de services collectifs de l'information et de la communication. Jean GONIE, juriste, enseigne le droit de l'internet à l'IEP de Paris et au CNAM où il est également conseiller juridique. retour en haut de page __________________________________________
Préambule: Lors de son intervention au cours des secondes Assises Parlementaires de l'Internet, le Premier Ministre français Mr Lionel Jospin a déclaré: "L'Internet ne doit pas aggraver le fossé qui sépare déjà le Nord du Sud, les régions industrialisées des régions en retard de développement. Celles-ci sont trop souvent privées d'accès aux réseaux d'information. Je pense aux milliards d'individus -quatre êtres humains sur cinq- qui ne disposent toujours pas des moyens de télécommunication de base. Parce qu'elle est soucieuse de réduire ces inégalités, la France a décidé de contribuer, en 2001, à hauteur de 23 millions de francs, au fonds francophone des inforoutes qui permet de soutenir de nombreux projets dans des pays en voie de développement. Ce que le Premier Ministre Français a voulu mettre en évidence c'est que sur 446 millions d'internautes, à peine 1% se trouve d'entre eux se trouvent en Afrique qui compte pourtant 13 % de la population du globe. Pire encore, on n'en compte que 0.1 % dans toute l'Afrique Subsaharienne qui représente pourtant 10 % de la population mondiale (rapport PNUD 2001). Le fossé entre les deux mondes, le développé et l'autre, risque d'aller en se creusant de plus en plus, car le développé a lui - avec ses nouvelles technologies en progrès permanents - les moyens d'accélérer encore davantage son propre développement. En l'An 2000 seuls 0,4% des habitants de l'Afrique Subsaharienne utilisaient l'Internet contre 54,3 % d'usagers rien qu'aux Etats Unis selon le dernier rapport sur le développement humain 2001. La révolution économique actuelle n'a été rendu possible que grâce à l'explosion des nouvelles technologies de l'information et de la communication, ce qui a engendré une réduction des coûts ainsi qu'une augmentation des vitesses de communication à travers le monde, rendant caduques les barrières temporelles et spatiales.
Dans les temps modernes on parlera des trains, des routes et autoroutes, des cargos, des pétroliers, des tankers, des oléoducs, des avions, etc. Du morse, du télégraphe, du téléphone, du télex, du fax, de l'Internet, etc. Une
étape fondamentale pour le développement de l'humanité
a été volontairement éclipsée pour mieux la
souligner, plus qu'une étape un saut qualitatif. Aujourd'hui
l'écriture électronique (dans laquelle on peut aussi bien
inclure sons, photos, vidéo), autrement dit les NTIC, est à
diffusion planétaire instantanée. Immédiatement publiée,
universellement disponible, 24h/24. C'est un nouveau saut qualitatif dans
l'histoire de l'humanité.
Introduction : La
fracture numérique, concept à la mode s'il en est, ne peut
être comprise que par une remise en perspective sociétale.
Internet et Service universel Analyse : La
question de la fracture numérique, au Nord comme au Sud, ne peut
être envisagée qu'en s'inscrivant dans le cadre minimaliste
du service universel. L'accès à la société
de l'information doit par principe être offert à chacun.
A l'évidence, si cet accès universel reste un objectif de
long terme, il doit servir de cadre aux choix politiques et économiques.
Dans cette perspective le rôle de la puissance publique - Etat et
collectivités locales - est essentiel. Proposition : Les
déclarations de l'ACC (administrative committee on coordination)
de l'ONU du 15 Septembre 1997 (http://acc.unsystem.org) sur "l'accès
universel aux services de communication et d'information de base"
et du 24 mai 2000 (http://acc.unsystem.org/) sur "les NTIC et le
développement" peuvent servir de point de départ à
un travail mené par les pays du G8 en coordination avec l'ONU pour
définir au niveau international la notion de service universel
dans la société de l'information. Favoriser la mise au point ou l'utilisation de solutions techniques qui optimisent la répartition des flux d'informations sur les réseaux numériques Dans
les pays du Sud, les efforts combinés de la puissance publique,
des acteurs privés et du tiers secteur associatif, peuvent tendre
vers ce service universel par le déploiement d'infrastructures
et par la multiplication des points d'accès publics à Internet
et aux autres outils. L'équipement d'un terminal connecté
à un téléphone pour chaque communauté (village
ou quartier de ville) est un objectif raisonnable. Le
développement des fournisseurs d'accès non lucratifs et
communautaires (freenet, communities networks
), ainsi que le regroupement
de ces acteurs de manière à pouvoir négocier de la
bande passante dans de meilleures conditions auprès des câblo-opérateurs,
doit être appuyé par la puissance publique, au Nord comme
au Sud. Réactualisation et adoption internationale de la Charte populaire de la communication Analyse L'ensemble des droits et devoirs liés à l'entrée dans l'ère informationnelle doit pouvoir bénéficier d'une protection juridictionnelle. Aujourd'hui ils font l'objet soit d'un vide juridique, soit de régimes extrêmement divers d'un pays à l'autre. Proposition En s'inspirant largement de la charte populaire de la communication (Cf. http://www.pccharter.net/), il s'agit d'élaborer et de donner force de droit à un texte couvrant aussi bien les questions du droit à la connaissance que celles du droit à la diversité linguistique ou au respect de la vie privée. Création d'un fonds de solidarité pour la société de l'information Analyse
: Face
à une approche purement marchande de la problématique, le
caractère non solvable à court voire moyen terme de la demande
des pays aujourd'hui exclus de la société de l'information
risque de constituer un obstacle définitif. Pour sortir de cette
voie sans issue, et enclencher un cycle de développement dans lequel
les entreprises trouveront à terme leur compte, il est nécessaire
de mettre en place des mécanismes de financement publics transitoires.
Proposition : Mise en place d'un fonds de solidarité pour la société de l'information. Ce
fonds doit être géré sous forme quadripartite, impliquant
les gouvernements à travers les organisations internationales ayant
initiées des démarches sur le fossé numérique,
le secteur marchand, les ONG et associations de l'Internet solidaire et
citoyen. Financement du fonds de solidarité pour la société de l'information Analyse
: Les
mécanismes traditionnels de financement des actions portées
par les ONG internationales et les organisations gouvernementales ont
montré depuis longtemps leurs limites. Proposition : Le fonds peut être nanti selon différents mécanismes de finance publique : A)
taxation à hauteur d'un pourcentage limité (0,5% par exemple)
des activités économiques liées aux activités
de la société de l'information. B)
taxation sur les ressources résultant de l'attribution des noms
de domaine. C) Taxation spécifique du rapatriement des bénéfices réalisés par les entreprises de télécommunications du Nord, via leurs filiales au Sud. D)
Sur le modèle italien, le produit de la vente des licences de nouvelles
générations de technologie (hier téléphonie
mobile, aujourd'hui boucles locale radio
) doit être en partie
reversé au Fonds de solidarité pour la société
de l'information. La
troisième approche, déjà expérimentée
par l'Italie à l'égard de la fracture numérique interne
à ce pays, est facilement extensible à la lutte contre la
fracture numérique Nord-Sud. Analyse L'entrée des technologies de l'information dans un pays du Sud constitue un puissant outil de développement et un levier de croissance. A ce titre les entreprises qui fabriquent ou qui assemblent sur place ces outils doivent bénéficier d'une exemption fiscale. Alors que dans les pays du Nord, la puissance publique a joué un rôle fondamental dans la recherche et le développement des TIC, il faut qu'elle puisse jouer un rôle dans le développement industriel au Sud. Simultanément
il faut éviter deux écueils : Ceci
implique que des efforts fiscaux soient menés pour encourager pour
le moins l'assemblage, pour le mieux la construction de matériel
sur place, avec le transfert de savoir-faire que cela implique. Une véritable
économie de l'assemblage pour la consommation intérieure
doit être développée en particulier en Afrique et
en Asie. Proposition : A titre transitoire, les Etats dits en voie de développement, peuvent alléger la fiscalité sur la vente des ordinateurs et de tous les outils liés aux NTIC qui sont fabriqués ou assemblés sur place, et qui sont donc générateurs de développement pour l'économie locale. (comme c'est le cas au Sénégal et en Côte d'Ivoire actuellement) Une taxation modulable peut également être imaginée en fonction du secteur auquel il est destiné et de son niveau d'utilité sociale (ex: exemption pour le secteur éducatif, faible taxation pour le secteur associatif et communautaire ). Le recyclage des matériels du Nord ne peut être envisagé qu'à titre exceptionnel car il présente trop d'inconvénients, le transfert de chaînes de fabrication d'ordinateurs déjà amorties étant de loin préférable.
Connectivité et formation : privilégier les points d'accès publics, portés par des acteurs communautaires. Analyse
: Seule
la mise en place de point d'accès publics tels que proposés
par la France qui souhaite entreprendre à titre bilatéral
un effort particulier pour développer des points d'accès
collectifs à l'Internet dans le cadre de l'initiative pour l'aide
au désenclavement numérique, utilisable par un village,
un quartier semble à court terme pouvoir répondre à
la nécessité de ne pas exclure des territoires et ce faisant
des populations. Première
étape d'un périple qui s'achèvera en Afrique du Sud
fin 2002 . Encore
faut-il s'entendre sur le type de points d'accès publics dont on
parle. Il peut s'agir : Proposition : Les
efforts financiers, publics et privés, doivent se porter en premier
lieu sur l'évolution de centres communautaires proposant l'accès
au téléphone, à Internet et au multimédia,
articulés le cas échéant avec des universités
ou centres de recherche technologique, des ONG, des groupements socioprofessionnels,
etc. C'est là augmenter les chances de disposer non seulement d'un
accompagnement humain et de formateurs, mais aussi d'usages répondant
à de véritables besoins de la communauté, en termes
de développement économique, social et culturel. Ces efforts
financiers peuvent s'appuyer entre autres sur des facilités de
crédit spécifiques. Faciliter
l'accès au téléphone et à Internet dans les
zones rurales par la voie radio. Analyse
: De
nombreuses expériences en Asie, en Afrique et en Amérique
Latine montrent la pertinence de la combinaison de différents médias
(téléphonie mobile, radio, Internet etc.), en particulier
dans les zones rurales ou les infrastructures filaires n'arrivent pas.
Les
pays du Sud doivent pouvoir encourager l'attribution de licences radios
à des prix inférieurs à ceux du marché pour
les radios communautaires jouant un rôle dans la réduction
de la fracture numérique. Les pays du Nord doivent pouvoir appuyer
financièrement (par un mécanisme d'abondement), ces efforts
financiers consentis par les pays du sud. Privilégier la formation Analyse: Au
delà de problèmes d'infrastructure et d'accès, le
manque de compétences aussi bien en termes techniques que d'animation
dans certains pays du Sud est un frein essentiel au développement
des technologies. Proposition
: Les
efforts financiers, publics et privés, doivent se porter en premier
lieu sur la formation de spécialistes, de différents niveaux,
informaticiens, techniciens et médiateurs à partir des universités
car le manque de ressources humaines en la matière est un problème
crucial. Analyse:
De
nombreuses compétences sont aujourd'hui sous utilisées quand
il s'agit de transferts de technologie et de compétences. En effet,
les acteurs du Nord qui se préoccupent de développer un
Internet non marchand sont souvent totalement ignorant des réalités
des pays du Sud et ne bénéficient pas de l'expérience
des ONG de développement. Elles
doivent respecter, en particulier dans le cas de transferts technologiques,
les critères suivants : adéquation de la technologie avec
le contexte local et les besoins réels de la population ; intégration
du coût du transfert et du coût des infrastructures qu'elle
présuppose ; degré de contrôle endogène des
populations sur la technologie ; capacité des technologies et de
leur transfert à générer des technologies et des
savoir-faire endogènes. D'une
part, les ONG de développement et les acteurs associatifs de l'Internet
solidaire et citoyen doivent sans attendre les initiatives publiques et
privées, croiser leurs savoir-faire. Aujourd'hui le dialogue est
pratiquement inexistant entre les deux univers. - Des structures permettant une mise en réseau des expériences, une observation des usages, le soutien à l'innovation et l'accompagnement de projets de l'Internet solidaire et citoyen : cet observatoire-réseau en ligne est consultable dans le monde entier et permet l'échange d'expériences Sud/Sud, Sud/Nord et Nord/Sud. - Un institut d'analyse : localement des groupes de chercheurs et d'acteurs locaux identifieront les enjeux, évalueront les politiques menées et mettront en débat des propositions pour modifier les politiques publiques en conséquence. Il évalue entre autres en amont et en aval la pertinence et l'impact des transferts technologiques. D'autre part, des échanges horizontaux - de technologie, de savoir-faire technique, de formation etc. - entre points d'accès communautaires du Nord et du Sud peuvent être mis en place sans plus attendre, le rôle de la puissance publique se bornant alors à accompagner cette mise en réseau par une volonté politique internationale, nationale, locale. Des expériences de communautés technologiques (ex : Gnutella) ou de communautés d'échanges de savoirs (ex : Prairienet aux Etats-Unis, les "réseaux d'échanges réciproques de savoirs" en ligne à Parthenay) constituent des références sur l'usage des réseaux dans une logique de mutualisation et non d'imposition top-down qui peut et doit inspirer les actions de lutte contre la fracture numérique. Dans
cet esprit, il faut envisager le développement de I-jumelages (I
pour Internet) de points d'accès publics, d'écoles, d'universités,
de fournisseurs d'accès non lucratifs et de collectivités
locales. Ce développement implique la création d'un label
international validé par des comités locaux et régionaux
tripartites et relayé par les organisations intergouvernementales
(ONU, UNESCO
) Équiper les universités. Analyse : L'équipement des universités agit au niveau de la formation des futurs internautes, des futurs opérateurs de l'Internet et des futurs chercheurs en développement des TIC. En donnant accès à une vaste documentation et à de nombreux dispositifs de formation à distance, Internet est susceptible d'améliorer significativement l'enseignement supérieur. Il existe une relation étroite entre le nombre d'internautes dans un pays et le niveau d'équipement de ses universités. Les universités suédoises ou canadiennes sont beaucoup mieux équipées que les françaises... Il en va de même en Afrique où le Ghana, par exemple, est particulièrement bien positionné. Les réseaux universitaires des États unis, de l'Europe et du Japon, ont été financés sur des fonds publics. L'action de la NSF (National Science Fondation), organisme des Etats Unis chargé du financement public de la recherche à notamment joué un rôle déterminant dans le développement d'Internet en finançant totalement puis partiellement les infrastructures pendant une dizaine d'années. Comment les pays les plus pauvres pourraient faire décoller l'Internet sur la seule logique privée alors que cette recette n'a pas été appliquée dans les pays ou l'investissement privé est le plus dynamique ? Proposition : La
communauté internationale devrait s'engager dans l'équipement
prioritaire des universités et dans la construction de réseaux
à haut débit reliant les universités et ouvert aux
services publics (enseignement, santé, collectivités locales
et administration, culture, services aux habitants). Analyse : Les
gouvernements des pays du Sud ont aujourd'hui pour la plupart conscience
de l'importance du développement des NTIC pour l'économie
de leur pays. En revanche les instances internationales se doivent de
les sensibiliser par l'exemple aux usages publics et citoyens des NTIC.
Les démocraties les plus jeunes ont là une chance d'accompagner
le développement de la participation des citoyens à la vie
publique et l'enracinement de l'esprit démocratique.
Adapter
l'outil à la culture et non l'inverse Aujourd'hui les outils nouvelles générations sont développés dans des laboratoires qui étant tous installés dans les pays du Nord, et plus particulièrement dans les pays anglo-saxon, développent naturellement des outils correspondant au creuset culturel et aux besoins de ces derniers : prédominance de l'anglais, prédominance de l'écrit sur l'oral, en sont les caractéristiques les plus flagrantes. Proposition : Financement
de centres de R&D dans les pays du Sud eux-mêmes répondant
aux besoins suivants : Analyse
: Pourtant
le développement des logiciels libres semble particulièrement
adapté aux pays du Sud, à la fois en raison de leurs ressources
économiques limitées et de l'adaptabilité naturelle
de ces outils aux usages et besoins des utilisateurs/développeurs. Mais pour tout cela, il faut des infrastructures logicielles, que seuls les logiciels libres peuvent résoudre. Avantages multiples, mais surtout technologie gérée localement, formation d'experts locaux, pas de perte de devises fortes pour payer le logiciel, création d'emplois Et il faut également des outils libres pour la création de contenus et favoriser des initiatives tels que ceux de la libération de la littérature Scientifique Open archive initiative BOAI (appel de Budapest) pour une littérature en accès libre à travers le Web. Conclusion Les
zones rurales africaines, sont de véritables déserts téléphoniques,
et on peut raisonnablement estimer à plus de 85% le nombre de villages
dépourvus d'un simple accès au réseau téléphonique.
Encore faut-il ajouter que lorsqu'un tel accès existe, il est d'une
disponibilité aléatoire du fait de dérangements multiples,
et souvent inabordable pour l'habitant de ces régions reculées
du fait du prix d'une communication téléphonique, sensiblement
supérieure à celui que nous connaissons au Nord. Sans entrer
dans des détails techniques chacun sait -ou doit savoir- qu'Internet
ne peut se passer du réseau téléphonique car c'est
le support de son accès à l'utilisateur, même si quelques
solutions par radio ou satellite sont des alternatives émergentes
mais d'un coût d'utilisation nettement supérieur et donc
hors de portée de la plupart des populations de ces vastes régions. Mais
ce processus devra aussi s'attacher la participation active et l'engagement
sincère du personnel de l'UIT -en particulier celui originaire
des PED- afin de le motiver sur ces nouveaux objectifs. De la réalité
de cet engagement conjoint des ONG et du personnel de l'UIT dépend
en grande partie la réussite, pour non seulement réduire
la fracture numérique mais pour que les PED -et en premier lieu
les pays du Sud - tirent un bénéfice réel pour leur
développement et forgent avec l'apport des NTIC, parallèlement
avec d'autres secteurs et notamment l'énergie, un avenir plus riche
d'espoir pour leurs populations. Le
vrai problème est posé, celui d'un financement à
la hauteur du défi. L'Union européenne n'hésite pas
à taxer les bénéfices réalisés dans
les villes industrielles du Nord pour aider le Sud ou l'Est du continent.
En toute logique, les promoteurs de la mondialisation devraient assumer
la redistribution mondiale des ressources au profit des zones défavorisées. Les
nouvelles technologies, de par leur développement spectaculaire,
sont entrain de refaçonner nos modes de vie et reconfigurent les
rapports sociaux. Elles bouleversent l'économie mondiale, notamment
dans ses structures traditionnelles, en provoquant une redistribution
des cartes entre l'Etat et le privé, souvent au profit de ce dernier.
Pour toutes ces raisons, la société civile ne peut être
tenue à l'écart afin de contribuer à la sauvegarde
des intérêts citoyens et publics. Les NTIC sont, nous dit-on, à l'origine de 10 % à 20 % de la croissance actuelle. Pourquoi ne pas reverser 1 %? Et donner, par exemple, un ordinateur au Sud pour cent vendus au Nord ? Et quel plaisir ce serait de contribuer à un développement solidaire en surfant sur le Net. Ne pas rester sur le bord du chemin en spectateurs, mais s'approprier tous les facteurs du développement, au premier rang desquels les NTIC, est une nécessité vitale pour tous les pays, du Nord comme au Sud. Chaque jour qui passe, chaque technologie qui s'invente sans la participation du Sud, le met encore un peu plus dans le sous-développement et la marginalisation. Autant la lutte pour l'annulation de la dette du tiers monde est un combat louable et juste, autant la lutte pour la réduction de la fracture numérique Nord/Sud est primordiale pour aider les pays du Sud à sortir de leur isolement dans le respect des libertés fondamentales et de la diversité des cultures. Pour paraphraser cette célèbre phrase qui prend tout son sens aujourd'hui, " Le progrès ne vaut que s'il est partagé par tous ", je rajouterais " du Nord au Sud ". Texte de Lamine NDAW, directeur de CANTICO
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- Le déploiement des technologies de l'information dans les pays du sud : vers de nouveaux équilibres ? -
Bien évidemment, la question de la dépendance des pays du sud à l'égard des modèles juridiques et économiques des pays occidentaux, fournisseurs de savoir-faire, n'apparaît pas avec le développement de la société " mondiale " de l'information. Des automobiles fabriquées sous licence aux centrales électriques troquées en échange de droits de douanes allégés pour l'importation en Europe de produits agricoles, les contrats de transfert de technologies "proposés" aux pays en voie de développement ont toujours été marqués par le souci des fournisseurs occidentaux de s'affranchir du risque d'instabilité économique et politique de ces pays. Le déséquilibre des rapports de force nord-sud, fondé sur des motifs économico-politiques, était renforcé par le choix de technologies, dites "propriétaires", renforçant à long terme la dépendance des États les plus pauvres à l'égard de leurs fournisseurs. Il semble cependant que cette composante de la dépendance du " Sud " à l'égard du " Nord " tend à s'amoindrir et à muter s'agissant du déploiement des technologies de l'information et de la communication. Ce phénomène mérite une réflexion politique en France et en Europe, et probablement quelques anticipations propres à juguler une philosophie ultra-libérale, créatrice de monopoles. En premier lieu, les caractéristiques de la dépendance technologique changent. La normalisation technique des télécommunications fixes est aujourd'hui internationale et non propriétaire. Par ailleurs, l'installation de réseaux GSM (issus d'une normalisation européenne) est aujourd'hui affaire d'accords d'interconnexion avec des opérateurs de télécommunications, mais elle ne résulte pas, comme en matière énergétique, de technologies fournies par un acteur unique, incontournable et omnipotent. Enfin, toute infrastructure de télécommunications, même réduite, peut aujourd'hui accueillir à des coûts très faibles, le réseau Internet, qui repose encore sur une normalisation technique mondiale et non propriétaire. En second lieu, les caractéristiques de la dépendance économique changent également. Qu'on y songe, sur les deux traités " internet " de l'OMPI sur le droit d'auteur et sur les " interprétations et exécutions et les phonogrammes ", le premier est entré en vigueur en mars dernier (par l'effet de sa ratification par le Gabon) et le second sera applicable dans un mois (après l'adhésion du Honduras). La culture juridique inspirant ces textes est très clairement anglo-saxonne. Elle offre aux pays du sud un avantage incontestable : dans un droit du copyright qui ne connaît pas le droit moral de l'auteur et permet une cession absolue des droits de propriété intellectuelle, les États du Sud pourront désormais négocier plus librement qu'auparavant les contrats leur transférant des technologies non couvertes par des brevets. Ils ne s'y sont d'ailleurs pas trompés : la grande majorité des trente signatures requises pour l'entrée en vigueur de chacun de ces traités provient de pays du sud (tels que Mali, Gabon, Pérou, Honduras, etc.). En revanche, ces traités pourraient rendre plus difficile pour les acteurs européens la formulation d'offres commerciales fondées sur une culture juridique qui n'est pas la leur En troisième lieu, les européens -et les français en particulier- souhaitant conquérir des marchés en développement pourront agir dans un environnement réglementaire qui leur est familier : la régulation publique des télécommunications qui s'élabore à grande échelle depuis cinq ans dans de nombreux pays d'Afrique du nord et noire est calquée sur le modèle français d'une autorité de régulation indépendante, de règles transparentes de concurrence et d'attribution de licences. Ce modèle français permettra aux États du Sud de faire jouer réellement une concurrence internationale dans laquelle ils agiront en arbitres et non plus seulement en clients aux marges de négociation réduites. Certes, les technologies de l'information ne seront pas suffisantes au développement de ces pays. Mais les premières expériences achevées permettent d'espérer que le déséquilibre Sud/Nord ne sera pas aussi profond et durable en matière de technologies de l'information que pour les autres secteurs d'activité. Jean
GONIE, juriste, enseigne le droit de l'internet
à l'IEP de Paris et au CNAM où il est également conseiller
juridique - Etienne DROUARD est avocat. retour en haut de page __________________________________________
- Les technologies de l'information et le rôle de l'Etat - André
Santini avait proposé - pour une fois sans la moindre trace d'humour
dont il est pourtant coutumier - une " déclaration des droits
de l'homme numérique " ( daté du mois de novembre 2000,
ce texte est toujours disponible sur le site " www.andre-santini.net
"). Nous pourrions y répondre, sur le ton de l'ironie et selon
l'expression bien connue que - à l'instar des personnes morales
- nous n'avons jamais déjeuné avec un homme numérique.
De quelle espèce est-il ? Habitons-nous la même planète
? Sommes-nous des hommes (et des femmes) numériques sans le savoir,
auquel cas il aurait été bon de nous en avertir ? retour en haut de page _________________________________________________
Plus
de 115.000 Français ont déclaré leur revenus par
Internet en 2002, soit sept fois plus qu'en 2001. De nombreux autres commandent
ou consultent sur les sites internet de leurs collectivités locales
toutes sortes d'actes administratifs ; près de 1200 formulaires
administratifs sont en ligne : état civil, cadastre, certificats
de non-gage, déclarations sociales, etc. De nombreuses entreprises
déclarent et paient désormais leur TVA en ligne. Depuis
1998, la construction juridique de l'administration électronique
est en marche. On notera à titre d'exemples la circulaire du 7
octobre 1999 permettant aux français de s'adresser aux services
publics par e-mail, le décret du 18 septembre 2001 relatif aux
enchères électroniques, ou encore la loi du 13 mars 2000
instaurant la signature électronique. La
dématérialisation des procédures administratives
constitue en soi une nouvelle forme de service public dont l'organisation
touche à la structuration de l'informatique publique. Le
dernier mot revient donc aux usagers-internautes, car le principal objectif
de l'administration électronique est bien de simplifier et d'améliorer
les rapports des citoyens avec l'administration : rapidité des
démarches, prise en compte en temps réel des besoins, décloisonnement
des administrations, échanges des infohG¹ions systématiquement
demandées aux usagers, etc. Jean
GONIE, juriste, enseigne le droit de l'internet
à l'IEP de Paris et au CNAM où il est également conseiller
juridique - Etienne DROUARD est avocat. retour en haut de page __________________________________________
-
Le projet de Lionel Jospin -
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en haut de page Vendredi 22 mars,
Michel Field a accepté d'animer le premier Michel Field : Bonjour et bienvenue, nous sommes très heureux de recevoir Lionel Jospin qui a accepté, pour clore la semaine de présentation de son projet, de chatter avec les internautes français et européens. Lionel Jospin : Bonsoir. J'étais à Sarcelles il y a trois quarts d'heure, c'est intéressant de passer d'un exercice à un autre. J'étais tout à l'heure dans une forme de "Chat réel", me voici cette fois dans un exercice où les jeunes sont également là mais sans que je puisse les voir. Giuseppe (It) : Bonjour M. Jospin, je suis italien et je parle un peu le français. Donc je voudrais simplement saluer votre initiative qui est très importante dans l'Europe d'aujourd'hui ! Les pays de l'Europe sont des plus en plus proches et votre initiative nous aide à nous comprendre entre nous. Donc je vous souhaite tout le bien pour vous, pour la France et pour l'Europe. Lionel Jospin : Gracie tante. Sarah V. : Je suis étudiante en architecture dans l'école "étudiants et développement". Dans mon cursus il est prévu que je parte au Mali en janvier 2003. Mon mec voudrait également s'engager auprès d'une ONG à la même période. Pourquoi l'Etat n'aide pas les jeunes qui ont ce genre de projets ? Lionel Jospin : Naturellement, l'Etat aide les jeunes. On peut rentrer dans des missions de coopération. L'Etat finance également des ONG. Il faut qu'il se renseigne auprès du ministère des affaires étrangères. sadou : Comment se passe votre campagne ?? Lionel Jospin : Bien,
avec plaisir, elle est diverse, variée, meeting, rencontres, interview,
chat, etc. C'est un plaisir de sortir de Matignon. SILEX : J'ai 25 ans. Depuis que je suis dans le monde du travail, c'est la galère. Je n'ai jamais eu d'emploi stable de plus de six mois. Dans ces conditions impossible de partir de chez mes parents ? Est-ce que vous trouvez normal quà mon âge je ne puisse toujours pas fonder un foyer ? Lionel Jospin : Non, bien sûr et je veux aider de plusieurs façons des jeunes dans votre situation. Il y a ce grand projet de la formation tout au long de la vie, en étant aidés par l'Etat et les entreprises. Il y a également ces contrats formation, j'essaie de mettre en oeuvre ces projets, cela dépendra des Français. Vladimir : Bonsoir je suis étudiant lycéen et jaimerais savoir : qu'allez-vous faire face à l'insécurité dans les lycées et les collèges ? Lionel Jospin : Vous le savez, Claude Allègre puis Jack Lang ont lancé un programme de lutte contre la délinquance dans les établissements scolaires. Des progrès très importants ont été réalisés. Lobjectif est dapporter le plus tôt possible des réponses. schumes : M Jospin, pouvez-vous me dire comment comptez-vous réduire les SDF à zéro ? Lionel Jospin : A 0, c'est un objectif, une manière de provoquer un choc psychologique. Au bout de 5 ans, il restera "les clochards". Mon propos concerne les dizaines de milliers de jeunes sans abri sans travail qui eux devront trouver logis et travail. Je pense qu'on peut faire un pas en avant considérable. Qu'on oublie le 0 et que l'on retienne ces dizaines de milliers de personnes à aider à retrouver un avenir. Imanol Hidalgo (ESP) : Vous sentez vous davantage Européen ou Français ? Lionel Jospin : Je suis Français et je me sens Européen. C'est une conscience acquise par ma façon de vivre. PSD Roumanie : Comment voyez-vous la politique sociale de la future Europe ? Lionel Jospin : Je souhaite que l'Europe ne soit pas simplement une union économique mais aussi une communauté sociale. Que la charte sociale soit transformée en Traité social avec comme objectif l'harmonisation par le haut des législations sociales. Italien : Monsieur le Premier Ministre, que pensez-vous de la diaspora socialiste et de la déconfiture de la gauche portugaise ? Lionel Jospin : Je crois que les socio-démocrates sont très présents en Europe. L'échec portugais, je le regrette, c'est l'alternance. Je crois qu'ils reviendront aux responsabilités, mais il faut accepter cette défaite. Antonio Porcelli (It) : Quelle est selon-vous la principale différence avec votre rival Chirac concernant l'Europe ? Lionel Jospin : Je constate que c'est la première fois qu'aucune initiative européenne ne peut être associée à la présidence sortante. J'espère que je pourrais contribuer à donner un élan à l'Europe aux côtés des autres chefs d'Etat et de gouvernement. Raphael Paris : Les USA font et prétendent faire la police du Monde, quand est-ce que l'Europe pourra jouer son véritable rôle ? Lionel Jospin : L'Europe ne doit pas être la seule à jouer son rô0le. Chaque grand ensemble, chaque grande nation doit contribuer à la lutte contre le terrorisme, pour la paix, pour un développement plus harmonieux. L'Europe a déjà donné l'exemple, elle doit poursuivre. Fabio Firenze (It) : Que pensez-vous d'une finale Italie/France au prochain mondial ? Cette fois-ci c'est nous qui gagnerons. Lionel Jospin : Pas contre cette finale ! Je me souviens, j'étais au Pallio à Sienne la veille du quart de finale au Stade de France, les Italiens me faisaient tous 3-0. Cela ne s'est pas produit, j'espère que ça ne se produira pas. fabrice49 : Pensez-vous tenir enfin vos promesses électorales quand à la jeunesse ? Lionel Jospin : Je ne sais ce que veut dire enfin, car la promesse principale de 97, les emplois jeunes, a été tenue. Mes engagements comme le contrat d'autonomie pour les jeunes, seront tenus. Christophe P : Si vous êtes élu à la présidence et si la gauche est majoritaire aux législatives, qui choisirez-vous comme Premier ministre ? Lionel Jospin : Il faudra attendre! J'ai des idées, car j'ai la chance d'être accompagné d'hommes et de femmes de très grandes qualités. dil : Pensez-vous maintenir un service public de l'énergie fort pour nos clients plutôt qu'une privatisation ? Lionel Jospin : Oui, absolument, c'est la position que j'ai défendu à Barcelone. On peut concevoir d'ouvrir à la concurrence des secteurs, à condition que les missions de service public ne soient en aucun cas mises en cause. C'est une question essentielle sur laquelle il est exclu que je puisse transiger. Tandrayen : Bonsoir ! Monsieur Jospin je suis de l'île de la Réunion, est-ce que vous allez mettre en place une politique élargie en faveur des jeunes ? Les Emplois jeunes ont-ils un avenir !!! Lionel Jospin : Ils ont en tout cas une très grande place à la Réunion. Je me suis exprimé à l'occasion d'un voyage à La Réunion sur ma politique pour les Dom-Tom. Oui, les Emplois jeunes ont une place. Je compte les pérenniser. Il n'en irait pas de même si la droite gagnait les élections. Carlos Losa (ESP) : Compte-tenu des succès économiques de la France au cours de votre mandat, êtes-vous d'accord avec ceux qui considèrent que toutes les politiques économiques sont identiques et qu'il n'y a pas de différence entre celles pratiquées par la droite et celles pratiquées par la gauche ? Lionel Jospin : Non je pense qu'il y a des différences, y compris dans les résultats. Le nombre des chômeurs a augmenté pendant les quatre ans de gouvernement de droite, il s'est réduit sous mon gouvernement. Il faut produire avant de distribuer. L'Etat doit jouer son rôle de régulateur, c'est une différence avec la droite française. yass : Que ferez-vous en ce qui concerne le droit de vote des étrangers ? Lionel Jospin : J'ai précisé que j'offrirais la possibilité aux étrangers résidant depuis plus de 5 ans, de participer aux élections municipales. Il faut pour cela changer la constitution, et je suis prêt à consulter les Français sur ce point par référendum. george davids (GB) : Pensez-vous que l'Europe devrait faire davantage pour ramener la paix et l'harmonie au Proche-Orient ? Lionel Jospin : Il faut que tout le monde fasse davantage, d'abord les Etats-Unis qui, si ils rejoignaient l'Europe dans ses positions, permettraient de peser davantage sur les parties en présence. La politique de la France doit consister à dire aux parties de retrouver le chemin emprunté par Rabin, Shimon Peres et Arafat. Cassy : On dit que tous les hommes politiques sont les mêmes et qu'ils ne sont pas franchement très honnêtes qu'en pensez vous ? Lionel Jospin : Très honnêtement, non, je pense que c'est heureusement en grande partie inexact. Mais chacun ne peut s'engager que pour soi... aurélie : Si vous aviez un souhait pour la France de demain, quel serait-il ? Lionel Jospin : Qu'elle soit plus juste, qu'elle continue sa modernisation, qu'elle se consacre à trouver sa propre harmonie, en jouant un rôle plein en Europe et en participant à la polyphonie du monde. Lionnelle : Avez-vous progressé au tennis ? Lionel Jospin : Pas ces dernières semaines, j'avais peur de me faire un claquage et de claudiquer pendant la campagne. Dans un mois et demi je vais pouvoir recommencer, ce qui ne veut pas dire que j'aurais énormément d'heures à consacrer au tennis! Nounik : On vient de passer à l'euro. Pensez-vous que cela va changer quelque chose dans votre possible présidence ? Lionel Jospin : Cela va permettre à l'Europe d'être protégée des mouvements spéculatifs internes. Cela impose d'autant plus l'harmonisation fiscale pour l'Europe. Il ne faut ni dumping social, ni dumping fiscal. diablo : Pensez-vous que le fait d'avoir été Premier Ministre est un atout pour exercer les fonctions de Président ? Lionel Jospin : Il n'y a aucun des problèmes de la France et des Français qui ne me soient étrangers. Il faut se situer à un autre niveau pour un autre type de travail. Si j'étais président de la République, j'aurais à veiller à ce que mes engagements soient tenus, à épauler le gouvernement, à donner une image à la France. Tout ce que j'ai fait pendant 5 ans m'y a préparé. L'INSOUMIS : Mr JOSPIN, un Président de la République doit être un véritable représentant de son pays, un symbole vivant. Croyez-vous que c'est véritablement votre rôle ? Croyez-vous que vous puissiez représenter vraiment la France ? Lionel Jospin : Je ne suis pas sûr de comprendre le sens de cette question. Je ne sais pas vraiment comment y répondre. Edoardo (It) : Monsieur le Premier Ministre, quelle est, selon vous, la plus importante conquête sociale de votre gouvernement ? Lionel Jospin : Il y en a plusieurs, je ne sais comment les hiérarchiser. Les 35 heures, les emplois jeunes, la couverture maladie universelle, l'allocation pour l'autonomie des personnes âgées, cela fait un bouquet de mesures parmi lesquelles j'hésite à choisir. Jean-Mi : Si vous êtes président, quelle sera votre première mesure importante pour les français Lionel Jospin : Je demanderais au gouvernement d'ouvrir cette négociation sur les retraites. Le diagnostic est fait, les esprits sont préparés, il faut maintenant décider. Patrick (Lille) : Je suis professeur dans une ZEP. Je rêverais de pouvoir enseigner les NTIC à mes élèves. Actuellement je suis contraint de faire venir chez moi, par groupe de 5, mes élèves. Je ne suis même pas remboursé pour mon abonnement haut débit. Trouvez-vous cette situation normale ? Que comptez-vous faire ? Lionel Jospin : Sans doute la situation que vous décrivez n'est pas normale. Le gouvernement est en train d'équiper l'ensemble des établissements l'Internet. A échéance 2005, l'ensemble du territoire aura accès au haut débit, j'en ai pris l'engagement. Jacques Ponjëe : Je suis Belge, et voudrais savoir quelle est votre ambition pour l'Europe : pensez-vous possible l'instauration en Europe d'un revenu de base (allocation universelle) de par exemple 500 EUR/mois par citoyen ? Lionel Jospin : Je ne suis pas sûr qu'il soit possible d'instaurer une telle mesure. Chaque homme et chaque femme doit gagner sa propre vie. Il faut juste veiller à ce que ceux qui sont en difficultés, puissent accèder à un revenu minimum. Il faut veiller à ce qu'un salaire minimum existe également dans toute l'Europe. Mais la politique sociale reste encore dans une large mesure du ressort des Etats. fede55 : Quel est l'homme politique étranger dont vous vous sentez le plus proche ? Lionel Jospin : Ce ne serait pas très diplomate de vous répondre jean-marc : Quels engagements prendrez-vous pour aider les pays en voie de développement ? Lionel Jospin : Je crois qu'il faut accroître notre aide publique. Elle avait baissé. Il faut qu'elle augmente nouveau. Nous avons rompu avec la politique des réseaux, notamment en Afrique. Il faut dialoguer avec les pays en voie de développement, favoriser les pays démocratiques, sans ingérence, c'est difficile, mais je crois que l'on peut y arriver. Nous avons rénové la politique africaine de la France. Stefan Q : Je suis homosexuel et je remercie votre gouvernement pour le PACS. Etes-vous d'accord pour dire que c'est un premier pas ? Vers quoi va évoluer le PACS ? Lionel Jospin : Je crois que l'essentiel de la réforme est là. Il y a des questions que l'on peut améliorer, comme la fiscalité. Le PACS a trouvé son équilibre. maud : Que pensez-vous de l'apprentissage des langues étrangères dès les plus petites classes ? Lionel Jospin : Quand j'étais ministre de l'Education, j'ai développé cet enseignement précoce des langues. Il faut disposer des enseignants et centrer les enseignements sur deux langues étrangères au moins. Pour éviter une domination d'un langue que j'aime beaucoup et que je pratique : l'anglais. Tarik : Quel sera, Monsieur le futur Président, les relations qu'aura la France avec l'Algérie ? Lionel Jospin : Celles-ci ont un sens historique profond malgré le traumatisme de la guerre d'Algérie. Nos deux peuples ont besoin de participer à un partenariat entre l'Europe et le sud de la Méditerranée. Je pense que quand l'Algérie aura vaincu ce terrorisme destructeur, ce partenariat pourra fleurir davantage encore. Albator : En 1981 la gauche pour qui j'ai souvent voté voulait changer les vies. J'ai lu que tu avais le projet concret de faire de la formation continue pour tous et pour toute la vie, est-ce que cela veut dire qu'au moins je pourrais changer ma vie ? Lionel Jospin : Au moins ta vie professionnelle, ce sera sans doute nécessaire pour beaucoup de salariés. Quant à changer sa propre vie au-delà du métier, ça appartient à chacun. Steffen (All) : Bonjour Monsieur Jospin, comment voyez-vous les relations franco-allemandes ? Vous pensez à un axe Berlin-Paris? Quels sont vos plans pour l'avenir des ces deux pays européens ? Lionel Jospin : Un axe non, parce qu'un axe est toujours exclusif des autres, une volonté de jouer un rôle moteur dans l'Union européenne, oui certainement. Si j'étais aux responsabilités, il serait possible avec le chancelier de prendre de nouvelles initiatives. Retro John : Etes-vous pour la constitution d'une armée européenne ? Lionel Jospin : Nous en sommes en train d'en construire la matrice, puisque nous serons en situation de mettre 60 000 hommes en projection. L'étape d'une armée totalement européenne, n'est pas venue. Je crois qu'il faut que nous développions ensemble de grands équipements . Le futur avion A 400M est à ce titre une très bonne initiative. Pour la première fois nous décidons ensemble de construire un avion, EADS, y joue un rôle important. Armelle : Comment pouvons-nous accepter, la France grand pays qui donne des leçons au monde, que les femmes et les hommes ne gagnent pas la même chose ? Lionel Jospin : Mais nous ne devons pas l'accepter, ni donner de leçons. Il y a d'autres pays en Europe où il n'y a pas d'écart de salaire à formation égale. C'est possible, ça existe dans la fonction publique. Ce qui existe dans la fonction publique doit exister dans le secteur privé. fred : Comment ressentez vous cette campagne ? Qu'a-t-elle de différent pour vous et en général par rapport a 1995 ? Lionel Jospin : Ca n'est pas pareil de venir de l'opposition et de mener campagne en étant au gouvernement. Ce n'est pas pareil de venir de nulle part et de mener campagne pour gagner et non pour figurer. Je mène cette campagne déterminé, mais de façon sereine. Riribis : Quel genre de film aimez-vous ? Lionel Jospin : Un peu de tout. J'étais un adepte du western, mais le genre a hélas disparu. Je suis très ouvert dans mes choix, je suis amené à sélectionner un peu. Je suis plus sensible à la façon de filmer qu'à un genre particulier. Les deux derniers films que j'ai vu : 8 femmes et Mulholand Drive, ils n'ont rien à voir. PiotrEvanVigorov : D'un point de vue personnel, et hormis votre métier, qu'appréciez-vous faire au quotidien quand vous vous octroyez du temps ? Lionel Jospin : Lecture, musique, balade, sport, cinéma, théâtre, mais je travaille quand-même. Ce temps est réduit aujourd'hui. Kador 2002 (Angers) : Chirac refuse le débat avant le premier tour avec l'ensemble des candidats. Je trouve que c'est complètement contraire à la démocratie. Moi je trouve que si le Chi n'y va pas, vous devriez quand même y aller. Comment on peut choisir entre vous, si on ne voit pas vos différences ! Lionel Jospin : J'ai dit que j'étais prêt à participer à ce débat de premier tour. Le directeur de campagne de M.Chirac a dit qu'il ne l'était pas. J'en prends acte. Combattant : Bonsoir, que comptez-vous faire pour les retraites si vous êtes élu ? Lionel Jospin : Défendre le systême par répartition, et donc refuser les fonds de pension individuels, fixer comme objectif essentiel la garantie du pouvoir d'achat des retraites, ce qui peut impliquer des efforts. Proposer que les solutions choisies le soient après une négociation avec les partenaires sociaux. Francis : Comment faire pour que la politique de la ville supprime les ghettos ? Lionel Jospin : J'en ai parlé à Sarcelles cet après-midi avec notamment Claude Bartolone. Nous avons engagé une politique déterminée d'élimination des HLM lorsqu'ils sont inhumains et de remplacement par des immeubles sociaux de qualité. Nous devons faire en sorte que le service public aille vers les quartiers. norb heidelberger (GB) : Quelle est votre position sur la mondialisation, et plus spécifiquement à l'OMC. Bonne chance. Lionel Jospin : Merci. On ne peut pas nier la mondialisation, c'est comme nier le monde, on doit : réguler, harmoniser cette mondialisation. Ce serait un contresens de supprimer les organisations internationales, y compris l'OMC. Elles sont faites au contraire pour qu'une communauté internationale organise mieux le monde. Par contre certaines de ces organisations doivent être réformées, y compris l'OMC. cle : Vous faites quoi après ce chat ?!!! Lionel Jospin : Exceptionnellement, je rentre chez moi. Riccardo (Italie) : Si vous deviez vivre dans un autre pays que la France, lequel choisiriez-vous ? Lionel Jospin : Je pense que cela pourrait justement être l'Italie, parmi quelques autres. philou : Que pensez-vous de la lutte contre le sida aujourd'hui ? Lionel Jospin : Elle a remporté des victoires dans les pays développés. Nous ne devons pas relâcher nos efforts. Il faut continuer à adopter des habitudes de protection. Le scandale est le défi est dans les pays en voie de développement, en particulier en Afrique où doivent porter nos efforts. axel (Allemagne) : Que pensez-vous d'un ministère aux affaires européennes comme le suggère Monsieur Schröder ? Lionel Jospin : Il existe un tel ministère en France dont le titulaire est Pierre Moscovici. J'ai proposé que l'on donne un caractère récurrent aux rencontres des ministres des Affaires Européennes. Aurélien : Qu'appelez-vous "une présidence de vérité" que vous avez évoqué hier lors de votre meeting ? Lionel Jospin : Cela veut dire que l'on prend des engagements dans une campagne, et qu'il font partie de la présidence. J'ai entendu M. Chirac dire qu'il n'avait pas fait la politique anti-fracture sociale parce qu'il y avait l'Euro. Or tout le monde connaissait cette échéance. On ne réussit pas tout, mais ce que l'on a dit dans une campagne, on le fait, ou au minimum, on essaie de le faire ! MULLIEZF : Remerciez-vous aujourd'hui Juppé de ne pas vous avoir nommé ambassadeur en 1993 ? Lionel Jospin : Je vous répondrai dans deux mois! nicolas : Monsieur Jospin, ce chat vous a-t-il plu ? Lionel Jospin : Absolument. Michel Field : Merci beaucoup Lionel Jospin, le mot de la fin ? Lionel Jospin : Je suis heureux que ce chat m'ait plu parce que d'habitude je préfère les chiens ! retour en haut de page _________________________________________________
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